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« Dialogue dans la démocratie, démocratie dans le dialogue »

13 décembre 2017

La sixième édition du Dialogue de Varsovie pour la démocratie, qui s'est déroulée les 7 et 8 décembre 2017 dans la capitale polonaise, avait pour thème cette année « Dialogue in democracy, democracy in dialogue » (Dialogue dans la démocratie, démocratie dans le dialogue). Le FEDEM y organisait une table ronde sur les médias indépendants.

Opening session of the Warsaw Dialogue for Democracy. © Poland MFA

Depuis 2012, le Dialogue de Varsovie pour la démocratie est organisé par le ministère des Affaires étrangères polonais en coopération avec le Fonds européen pour la démocratie (FEDEM) et d'autres partenaires.

Ce rendez-vous annuel a réuni une centaine de représentants de la société civile, défenseurs des droits de l'homme, académiciens, organisations internationales et représentants politiques venus du monde entier pour parler des défis auxquels la démocratie doit faire face aujourd'hui de par le monde et étudier les solutions et le soutien à apporter au processus de transition démocratique.

Cette année, la conférence a essentiellement porté sur le rôle du dialogue comme fondement du respect des droits de l'homme et des libertés, et sur le renforcement des institutions démocratiques.

Les participants ont été accueillis par M. Jerzy Baurski, Représentant permanent adjoint de la Pologne auprès des Nations Unies et M. Wojciech Federczyk, Directeur de la Lech Kaczyński National School of Public Administration.

Dans son allocution d'ouverture, M. Baurski a mis en avant le contexte mondial tumultueux qui modifie le paysage démocratique et met la démocratie à l'épreuve : « Il est temps pour ceux qui croient en la démocratie d'être proactif. Nous ne pouvons plus considérer la démocratie comme définitivement acquise », a-t-il déclaré.

Les intervenants n'ont pas manqué de rappeler que l'année prochaine marquera le 70è anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Aujourd'hui encore pour les gouvernements, organisations internationales, société civile et citoyens, cette déclaration sert de boussole morale à l'établissement des conditions pour l'égalité.

D'autres intervenants de haut niveau se sont exprimés, à l'instar de M. Stavros Lambrinidis, Haut représentant spécial de l'UE pour les droits de l'homme, Dr. Sima Samar, Présidente de la Commission indépendante des droits de l'homme en Afghanistan, M. Thomas Garrett, Secrétaire général de la Communauté des démocraties et Mme Lilian Tintori, militante vénézuélienne pour les droits de l'homme.

Dans une convergence croissante où les questions généralement inhérentes au « pouvoir doux » - à savoir la démocratie, les droits de l'homme et la liberté des médias - ont été portées à l'ordre du jour du « pouvoir dur », les intervenants ont déclaré vouloir voir émerger des politiques pragmatiques restant cependant ancrées dans les principes et les valeurs démocratiques.

Comme l'a rappelé le RSUE pour les droits de l'homme, M. Lambrinidis : « Les droits de l'homme ne sont pas une ligne de séparation entre la droite et la gauche, mais entre le bon et le mauvais. Les droits de l'homme sont le fondement des sociétés justes et équitables. Il ne s'agit pas d'une notion romantique, c'est une politique étrangère sans concession. »

M. Lambrinidis a également souligné que l'engagement de la société civile participait à la promotion de la démocratie dans le monde, surveillant et refrénant les abus de pouvoir, mettant les régimes face à leurs responsabilité en cas de violations des droits de l'homme et faisant valoir les principes consacrés par la Déclaration universelle.

« Il ne s'agit pas d'atteindre la perfection, mais de déterminer si l'on a les bonnes institutions, une société civile florissante et les contrôles pour éviter que les droits de l'homme ne soient pas bafoués. »

Les allocutions d'ouvertures ont ensuite laissé place à des tables rondes portant sur des sujets tels que les médias libres, le dialogue interreligieux et la justice transitionnelle, sans oublier le rôle de la jeunesse dans l'instauration d'un système politique inclusif.

Surmonter les défis pour des médias indépendants

La table ronde animée par le FEDEM s'est intéressée aux défis et aux opportunités pour les médias indépendants dans différentes parties du monde. Les participants ont discuté des moyens à mettre en place pour assurer la pluralité du paysage médiatique et la liberté d'expression, et réfléchi sur la manière de bénéficier de soutien institutionnel et externe sans compromettre la crédibilité du contenu.

Quatre bénéficiaires du soutien du FEDEM ont pris part à la table ronde animée par Mme Diana Moukalled, journaliste et fondatrice de l'initiative Daraj elle-même soutenue par le FEDEM :

  • M. Dumitru Alaiba, Directeur des programmes du CPR (Moldavie)
  • Mme Natalia Antelava, PDG et rédactrice en chef de Disinformation Crisis, Coda Story (Géorgie)
  • Mme Tamara Chergoleishvili, Directrice générale de Tabula Media (Géorgie)
  • M. Sami Elmoudni, Président du Forum marocain des jeunes journalistes (Maroc)

Le combat mené par les médias pour survivre dans le voisinage européen a été au cœur des discussions de cette table ronde.
« Les médias libres tels que nous les connaissons sont un pilier de la démocratie. Mais les médias et les journalistes sont plus que jamais sous pression. Nous devons viser la durabilité à la lumière des nombreux obstacles et des défis qui se présentent aux médias aujourd'hui », a déclaré Mme Moukalled.

Face à l'ampleur des fausses nouvelles et des campagnes de désinformation, cette question n'a pas manqué d'être abordée. La menace que présentent les fausses nouvelles est claire : la fiction présentée comme des faits peut nuire gravement au processus démocratique. Les intervenants ont souligné l'importance des médias dans leur rôle de transmetteurs d'informations fiables, objectives et crédibles.

« En tant que journalistes, nous n'avons pas à lutter contre les fausses nouvelles mais devons continuer à faire notre travail, à savoir relater les faits et traiter les sujets comme nous l'avons toujours fait. Nous en sommes presque arrivés à oublier les bases de notre métier. Cette crise des fausses nouvelles doit être traitée au même titre que les autres crises », a déclaré Mme Antelava.

Enfin, tous ont insisté sur la nécessité et l'importance du soutien par des donateurs comme le FEDEM afin de renforcer la capacité des médias dans la région. Seuls des médias véritablement indépendants, libres et professionnels peuvent défendre la liberté des médias.

Durant la séance de clôture, Jerzy Pomianowski, Directeur exécutif du FEDEM, est revenu sur certains des messages transmis pendant la conférence, ajoutant qu'à son avis, la solidarité se devait d'être à la base de toutes nos actions : « Il est un droit que nous devrions ajouter à la liste : le droit à la solidarité et le droit d'étendre la solidarité à tous ».

Informations complémentaires

Pour toute information complémentaire, rendez-vous sur le site Web officiel de l'événement.

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