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Au Maroc, un institut de recherche s’intéresse à l’accueil réservé par la population aux mesures prises face à la Covid-19

17 avril 2020

Le Moroccan Institute for Policy Analysis (MIPA) est un institut de recherche indépendant établi à Rabat. L’institut procède à l’analyse approfondie des questions politiques en matière de démocratie et d’autres sujets important au Maroc et dans la région ANMO. Le MIPA suit depuis le début l’action du gouvernement face à la Covid-19 et la réponse de la population afin de déterminer les implications de la crise pour l’avenir politique et économique du pays.

Le Maroc a été l’un des premiers pays de la région ANMO (Afrique du Nord / Moyen-Orient) à prendre des mesures strictes afin d’enrayer la prolifération du virus, avec la fermeture des écoles dès le 13 mars, suivie par l'introduction de mesures de confinement plus strictes et la déclaration de l’état d’urgence le 19 mars. Les chercheurs du MIPA (Moroccan Institute for Policy Analysis), un institut de recherche indépendant, ont rapidement manifesté leur volonté de voir quelle serait la réponse du public face à des mesures.

Ils ont mené une enquête du 14 au 19 mars sur un échantillon représentatif de 2 500 Marocains.

« Nous avons rédigé des questions afin d’établir le niveau de connaissances des citoyens à l’égard du virus, de savoir s’ils prenaient des précautions et s’ils soutenaient les actions mises en place par le gouvernement », explique Mohammed Masbah, directeur du MIPA.

Satisfaction inattendue

L’étude a révélé que dans sa grande majorité, la population se disait préoccupée par le virus et prenait des mesures afin d’en limiter la prolifération, comme le lavage des mains régulier et le confinement. Plus des trois-quarts des personnes interrogées se sont dit satisfaites des mesures strictes prises par le gouvernement, ce qui n’a pas manqué de surprendre M. Masbah.

Autre fait intéressant, un pourcentage similaire de personnes s’est déclaré sceptique quant à la capacité du service de santé du pays à faire face à la crise, ce qui pourrait expliquer, selon M. Masbah, que les mesures de confinement strict aient été si bien accueillies. L’an passé déjà, un sondage réalisé par le MIPA avait mis en lumière le faible niveau de confiance du public à l’égard du service de santé.

Le vrai test pour le gouvernement viendra plus tard, ajoute-t-il, quand les répercussions économiques et sociales se feront ressentir. 

Main-d’œuvre informelle touchée par une situation économique difficile

« L’activité économique informelle au Maroc est forte, avec deux travailleurs sur trois concernés par le secteur informel », précise M. Masbah. « Ils ne bénéficient d’aucun filet de sécurité ». Bien que le gouvernement ait pris certaines mesures afin de protéger les personnes de cette catégorie, il est encore trop tôt pour en évaluer l’efficacité, prévient M. Masbah. Officiellement, 700 000 personnes ont perdu leur emploi en mars, mais personne ne connaît les véritables chiffres de l’économie informelle.

Au Maroc, moins de 1 500 cas de Covid-19 ont été déclaré à ce jour, une indication, peut-être, de l’utilité des mesures rigoureuses prises rapidement. Pour l’heure, il règne dans le pays un sentiment d’unité nationale et les mesures imposées par le Roi et le gouvernement sont respectées, mais pour combien de temps encore, nul ne le sait. Les reportages dans les médias ont souligné combien les plus vulnérables peinaient à faire face aux problèmes économiques engendrés par le confinement.

Le MIPA prévoit de réaliser une autre enquête d’opinion en fin de période de confinement. Les implications politiques durables pour le gouvernement et sa gestion de la crise pourront alors être mieux perçues.

Le FEDEM a versé au MIPA un financement de démarrage.

https://mipa.institute/eng

Le FEDEM publie actuellement des articles relatant les initiatives de nos partenaires et la manière dont ils adaptent leur travail en période de Covid-19.

Clause de non-responsabilité : Cet article reflète les opinions des personnes bénéficiaires de subventions et non pas forcément la position officielle du Fonds européen pour la démocratie (FEDEM).

 

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